Kaalan et Sannou : trois jours pour bâtir des organisations plus fortes

Du 27 au 29 juillet 2026, dans les locaux de l’Association Villageois 2.0 à Labé, sept Organisations de la Société Civile (OSC) et Organisations à Base Communautaire (OBC) des communes rurales de Kaalan et Sannou ont bénéficié d’un renforcement de capacités organisationnelles. Quatorze membres – deux par organisation – ont travaillé pendant trois jours sur des outils de gestion administrative, cycle de projet, cartographie des acteurs, communication et gestion financière.

Un lancement présidé par les élus locaux

La session d’ouverture a été coprésidée par les maires des deux municipalités concernées : M. Cheik Oumar Diallo pour Kaalan, et Mme Aissatou Baldé pour Sannou. En effectuant le déplacement jusqu’aux locaux de Villageois 2.0, les deux élus ont réaffirmé leur engagement à collaborer avec la société civile locale. La formation s’est entièrement déroulée en langue locale. cette stratégie a permis  de garantir une meilleure appropriation des contenus par la plupart des participants dont le français n’est pas toujours la langue de travail au quotidien.

Poser les bases

La première journée, à la fois engageante et enrichissante, a posé les fondamentaux. Les modules de management des organisations, de gestion administrative et de fonctionnement des tissus associatifs ont été abordés à travers des exercices élaborés autour des réalités propres à chaque organisation. Pas de cours magistral : une pédagogie active, participative, fondée sur l’intelligence collective, où la parole circule horizontalement et où les formateurs apprennent autant des participants que l’inverse. Cette journée a également été l’occasion d’un premier réseautage entre organisations de Kaalan et Sannou — deux communes voisines dont les tissus associatifs se connaissaient peu.

Entrer dans la complexité

Le deuxième jour monte en puissance. Au programme : le cycle complet d’un projet, de l’idéation à l’évaluation. Les objectifs SMART — Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini — sont formulés et ajustés à partir de cas réels.

La matrice API (Acteurs, Pouvoir, Influence) permet à chaque organisation de cartographier les forces en présence sur son territoire : qui détient le pouvoir de décision, qui exerce une influence, où se trouvent les leviers d’action. L’analyse SWOT complète le tableau, en aidant les participants à identifier leurs forces, leurs failles et les opportunités dans leur environnement.

En fin de journée, les questions financières et les pièces justificatives d’une activité sont abordées à travers des études de cas tirées des expériences des participants eux-mêmes.

Budgets et communication : deux angles révélateurs

La troisième journée débute par un exercice pratique : élaborer un budget de formation de vingt participants dans sa localité. Sur quatorze personnes présentes, seules deux avaient déjà réalisé cet exercice. Les autres découvrent, pour la première fois, la logique de construction budgétaire, les postes de dépenses, les règles de justification.

Ce constat n’est pas anecdotique. Il révèle une vulnérabilité structurelle des organisations locales face aux exigences administratives et financières des projets qu’elles sont censées porter.

Le module communication conclut ces trois jours sur une question simple, posée en ouverture : « Pourquoi communiquer ? » Les réponses fusent : faire comprendre, informer, sensibiliser, faciliter la prise de décision. Des groupes de travail sont constitués autour de l’élaboration d’un plan de communication pour informer les citoyens de la tenue d’un conseil communal. Résultat : affiches et communiqués radio, choisis pour leur accessibilité dans des zones où la connectivité reste limitée.

Un autre enseignement émerge : la quasi-totalité des organisations communique exclusivement via WhatsApp et Telegram. Seules deux d’entre elles utilisent des adresses mail. Or, la plupart des appels à propositions de projets exigent une communication formelle par courriel. Un décalage qui mérite attention.

Ce que cette formation révèle

La pédagogie active déployée — exercices pratiques, co-animation, travaux en groupe, restitutions par les participants eux-mêmes — a produit une dynamique que les formations classiques peinent à générer. Les liens noués entre organisations de Kaalan et Sannou, les échanges lors des pauses, les engagements pris de restituer ces apprentissages au sein de leurs structures : tout cela indique que quelque chose s’est enclenché, qui dépasse largement le cadre de la formation.

La suite

Les prochaines cohortes réuniront les organisations de Popodara et Daralabé, avant que la commune urbaine de Labé ne soit couverte en trois sessions distinctes, en raison de la densité et de la diversité de son tissu associatif.

Cette formation s’inscrit dans la mise en œuvre du projet Mairies Ouvertes : agir ensemble pour la démocratie locale, exécuté par l’Association Villageois 2.0 en partenariat avec le CCFD-Terre Solidaire, avec le financement de l’Union Européenne sur une période de trois ans.

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